
Madame Cheval sur les ondes d’Antenne Réunion
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Madame Cheval, une histoire de relation,
de terrain et de remise en question permanente
Qui est la femme derrière Madame Cheval ?
Derrière Madame Cheval, il y a une femme de cheval passionnée depuis l'enfance : Florence Hamel. Normande de souche, je suis tombée dans la marmite toute petite. Je commence le poney à 5 ans, et à 10 ans je savais déjà que ce serait mon métier. Ma première vraie rencontre — et sans doute ma plus grande leçon — je l'ai vécue avec ma ponette Noémie. J'avais 11 ans, passionnée et un peu tout feu tout flamme ; elle, poulinière de 9 ans, peu manipulée. On m'avait prévenue qu'elle pouvait être compliquée, sur l'œil, incontrôlable. C'était vrai, parfois, montée par d'autres. Mais entre elle et moi, quelque chose de différent s'est construit. Je suis convaincue aujourd'hui que ce n'est pas ma technique qui a fait cette différence, mais la relation : le temps passé ensemble, la confiance qui s'est construite. Je passais tout mon temps libre avec elle, à jouer, nous reposer, nous balader, nous entraîner sur la plage ou dans le pré. Je lui transmettais ce qu'on m'enseignait aux écuries, mais avec Noémie rien ne pouvait simplement s'appliquer : sans instructeur à la maison, sans mode d'emploi, nous avons dû chercher ensemble. À travers nos erreurs, nos incompréhensions et nos ajustements, j'ai appris à lui laisser une place — à son expression, à ses idées, à sa personnalité. Une vraie relation de confiance est née. Parfois je la laissais choisir l'itinéraire de nos balades, et elle m'étonnait souvent en choisissant le plus sportif ! Sans jamais chercher la performance, cette relation nous a menées sur de nombreux podiums en CSO, bien au-delà de ce que j'aurais imaginé. Noémie m'a appris très tôt une chose qui ne m'a jamais quittée : la technique ne suffit pas. Quand le cheval comprend, participe et trouve sa place dans ce qu'on construit avec lui, la relation change.
NOEMIE

LE CHEVAL AU CENTRE DE MA VIE
Portée par cette évidence, je suis devenue enseignante d'équitation. L'équitation qu'on m'a transmise m'a donné le goût de la finesse, de la légèreté et un profond respect du cheval — c'est ce que j'ai toujours eu à cœur de transmettre. Mais au fil des années, une autre réalité du terrain m'a rattrapée. J'ai vu ce que peut produire la vie de cheval de club : des chevaux sollicités quotidiennement par une multitude de personnes, sans que leur état émotionnel ou ce qu'ils exprimaient soit toujours pris en compte. Je les ai vus devenir moins expressifs, se mettre en retrait, développer des comportements difficiles — ou simplement continuer à faire ce qu'on leur demandait, alors que leurs réactions semblaient raconter autre chose. Je savais enseigner l'équitation mais un vrai dilemme s'est imposé . Comment continuer à enseigner l'équitation tout en donnant plus de place à ce que le cheval vit ?


LES DECLICS TERRAIN
La création de ma propre structure en Bretagne a marqué un tournant : pour la première fois, je pouvais travailler à ma manière. Ce sont des situations de terrain, parfois très intenses, qui ont affiné ma sensibilité — notamment quand j'ai dû débourrer seule six poneys à peine manipulés, de tous âges, en très peu de temps et sans filet de sécurité. Il n'était plus question d'appliquer une méthode. Je suis revenue à l'essentiel : observer, percevoir, écouter, m'adapter — chercher avec le cheval plutôt que reproduire une façon de faire. Peu à peu, ces poneys sont devenus disponibles, polyvalents, capables de prendre leur place dans la cavalerie. Cette expérience m'a montré qu'une autre manière de travailler était possible : tenir compte de la façon dont chaque cheval vivait son apprentissage, lui laisser le temps de comprendre et d'en devenir acteur. Une autre expérience a ensuite changé ma façon de percevoir les chevaux lorsque j'ai perdu la vue durant plusieurs semaines. Au même moment, je devais assurer en un mois le débourrage d'un jeune étalon arabe destiné à l'endurance au Qatar. Je n'avais plus accès à ce sur quoi je m'étais toujours appuyée — voir le cheval. Il m'a fallu porter une attention extrême à tout le reste : ses déplacements, ses tensions, son souffle, ses hésitations, la moindre variation dans son comportement. J'ai découvert combien le cheval nous informe bien avant que sa réaction ne devienne évidente. Voir ne suffit pas toujours ; encore faut-il apprendre à lire.
Le sens
de tout cela?
« Qu'en pense le cheval ? »
Cette question m'a toujours accompagnée, et elle a pris, au fil de mes expériences, une place de plus en plus centrale dans ma manière de travailler.
Je ne cherche plus seulement à obtenir une réponse, mais à comprendre ce que le cheval perçoit, apprend, ressent et exprime : observer davantage, tenir compte de l'individu et de son histoire, adapter ce que je lui propose à ce qu'il est capable de vivre.
Aujourd'hui, j'accompagne les humains à lire au-delà des apparences et à ajuster leur manière d'être et de travailler avec leur cheval — à faire le lien entre ce que nous observons et ce que le cheval est en train de vivre.
Entre son monde et le nôtre.
Entre la compréhension du cheval,
la relation et l’équitation.
C'est de là qu'est née Madame Cheval.




